
© Marianne Durand
Avant de débuter son service civique à la dynamique et ingénieuse ressourcerie l’ArgenTri, Noémie y était bénévole. « Je n’avais pas d’horaire. Maintenant, en tant que volontaire, je sais qu’il y a un cadre. Et je me sens plus responsable. » La jeune fille timide de 22 ans a longtemps tâtonné, trop fragile pour le cursus scolaire classique, trop stressée par sa première expérience professionnelle de serveuse (elle bénéficie de l’allocation adulte handicapé). Ici, elle apprécie « l’ambiance chaleureuse, limite familiale » qu’ont su créée les deux salariées, Pascale et Dominique.
Elle est aussi en phase avec le projet de l’association qui collecte des objets auprès des particuliers et les revend à prix modique. « J’ai du mal avec la surconsommation. Je suis devenue allergique à l’accumulation. » Dans l’immense entrepôt non chauffé, il faut peser, nettoyer, classer tout ce qui arrive. Noémie s’y attelle volontiers, épaulée par les dizaines de bénévoles de l’ArgenTri. On la sent fière de nous conduire à l’atelier de réparation, royaume des « experts » en électricité, informatique, etc. Fière encore de commenter le travail des bénévoles, par exemple référents vaisselle ou livres. Elle vient d’ailleurs de dénicher deux beaux livres sur la Mongolie et la Révolution russe, sujets qui la passionnent.
Professionnelles et bienveillantes
Comme l’explique l’équipe, le public de la ressourcerie est diversifié. « Une grande partie vient s’équiper ici à peu de frais. Mais on a aussi des trentenaires, sensibilisés au recyclage et ceux qui viennent chiner, à la recherche d’un objet vintage. » Le travail de l’ArgenTri est assez complexe, tant en matière de gestion des flux entrants et sortants que d’éducation au tri et au recyclage. L’activité des salariées ne s’arrête d’ailleurs pas au local de la rue Henri-Barbusse d’Argenteuil. Elles animent nombre d’ateliers de sensibilisation ou de réparation, par exemple avec les bailleurs sociaux, ainsi que des ressourceries éphémères. Sur le point d’accueillir une deuxième volontaire en service civique, l’ArgenTri, qui a ouvert en 2020, est en phase de professionnalisation. L’installation d’un logiciel de gestion des données (GDR) en est un maillon.
Côté humain, l’écosystème de l’association est riche des parcours des uns et des autres, quel que soit leur statut. Un jeune étudiant en école de commerce, venu effectuer là ses 70h de « mission solidaire », l’atteste encore. Quant à Noémie, elle trouvera sûrement sa voie professionnelle, à l’issue de son volontariat en novembre 2025. Pour l’instant, elle dit de sa mission que « c’est l’inverse du travail à la chaîne. On peut être créatif et on a le droit à l’erreur ».